Stérilité (reversible ou irreversible) féminine

Définition

Le terme stérilité désigne l'impossibilité, pour un homme ou pour une femme, de procréer. Il s'agit plus précisément de l'incapacité d'un couple à débuter ou porter à terme de grossesse.

Le terme de stérilité étant est relativement agressif, certains préfèrent utiliser celui d'infécondité ou d'hypofécondité.

Naturellement, une femme est féconde de façon variable suivant son âge. La fécondité progresse jusqu'à l'âge de 25 ans puis se stabilise.

Le temps nécessaire pour qu'une conception soit réussie est en moyenne de 4 cycles pour les couples âgés de 25 ans.

On considére qu'il est normal de commencer des investigations (rechercher une cause à la stérilité) quand un couple désirant un enfant n'a pas déclenché de grossesse après avoir eu des rapports sexuels (sans contraception) durant deux à trois ans. Ces rapports sexuels doivent être complets et suffisamment fréquents, c'est-à-dire au minimum deux à trois fois par semaine. Des relations sexuelles plus fréquentes n'augmentent pas la probabilité de grossesse.


Classification

Il faut différencier :
L'infécondité primaire qui concerne les femmes n'ayant jamais eu de gestation (le terme de gestation désigne le fait de porter un ou plusieurs enfants).
L'infécondité secondaire qui concerne les femmes ayant déjà eu une grossesse, indépendamment de la durée de celle-ci (qu'elle soit parvenue à terme ou pas).

Causes

Les causes retenues susceptibles d'expliquer une infécondité féminine sont (liste non exhaustive) :
Une anomalie des ovaires
Une anomalie des hormones
Une anomalie de la glaire cervicale (à type d'insuffisance oestrogénique, de destruction des glandes cervicales, de conséquence d'électrocoagulation, etc...)
Une malformation de l'utérus de nature congénitale (prise de distilbène par la mère entraînant un utérus hypoplasique), de sténose de l'isthme, de synéchies de l'utérus, de polypes, d'endométrite, d'hyperplasie, etc...
Une infection du col de l'utérus (endocervicite)
Une malformation de l'endomètre (couche de cellules tapissant l'intérieur de l'utérus)
Une atteinte des trompes de Fallope empêchant une fécondation ou une nidation. Les principales causes sont les séquelles d'une infection, les séquelles d'une intervention chirurgicale (appendicite, chirurgie gynécologique suite à la présence d'endométriose, de diverticules, d'aplasie).
Une cause ovarienne explique environ 20 % des stérilités féminines. Le plus souvent, il s'agit d'une anovulation (absence d'ovulation) que l'on suspecte à la suite d'anomalies des règles et que l'on met en évidence grâce à la courbe ménothermique ou aux dosages hormonaux. Il peut s'agir également d'une destruction d'une partie de l'ovaire due à une endométriose, à une tumeur de l'ovaire (kystes), à une intervention chirurgicale, à un syndrome des ovaires polykystiques, à un syndrome de Turner, à un dysfonctionnement des ovaires, à une ménopause précoce.
Des malformations du vagin à type de syndrome de Rokitansky-Kuster-Hauser, de malformations vaginales, de présence de cloisons vaginales, etc...
Une dyspareunie : il s'agit de douleurs au moment du coït (rapport sexuel) chez la femme sans qu’il existe une contracture de la vulve. Cette douleur peut être permanente ou intermittente.
Un vaginisme : contraction douloureuse des muscles du vagin empêchant le coït normal.
Des perturbations hormonales concernant la glande thyroïde ou les glandes surrénales
Un dysfonctionnement (mauvais fonctionnement) de l'hypothalamus ou de l'hypophyse ou des deux à la fois peut, plus rarement, expliquer une infécondité féminine. Il est possible de retrouver une hyperprolactinémie (excès de sécrétion d'hormone prolactine).
La prise de neuroleptiques
Une tumeur de la glande hypophyse ou un syndrome de Sheehan (nécrose de l'hypophyse survenant après accouchement)
Une anorexie mentale
Une aménorrhée psychogène

Symptômes

L'interrogatoire précise (liste non exhaustive) :
L'ancienneté de l'infécondité du couple
La fréquence des rapports sexuels (coïts)
La contraception utilisée
L'atmosphère conjugale
Les problèmes professionnels ou relationnels
Les antécédents gynécologiques : puberté, caractéristiques des cycles, infections génitales
Les antécédents obstétricaux : fausse couche, accouchement difficile, interruption volontaire de grossesse (IVG), grossesse extra-utérine, interventions chirurgicales sur le bassin ou l'abdomen, etc...

Consultation médecin

L'examen clinique de la femme est complet. Il comprend :
L'examen de l'appareil génital par le toucher vaginal
L'examen des seins avec éventuellement la mise en évidence d'une galactorrhée (écoulement de lait par le mamelon) ou d'un autre écoulement.
La vérification de la glaire cervicale (située au niveau du col de l'utérus) dont la nature est importante.
L'ouverture du col
La nature de la glaire cervicale et l'ouverture du col sont cotées de 1 à 3. Il s'agit du score d'Insler.

Analyses médicales

Les dosages hormonaux suivants sont effectués :
Dosage de la FSH et de la LH.
Dosage de l'estradiol et des androgènes au deuxième jour du cycle.
Dosage de la progestérone et de la prolactine au 22e jour.
Une sérologie, c'est-à-dire la recherche d'anticorps orientée contre une infection par un virus, est demandée. Cette sérologie concerne :
Le virus de l'immunodéficience humaine (SIDA)
Le virus de l'hépatite
Le virus de la toxoplasmose
Le virus de la rubéole

Examen médical

La courbe de température (ménothermique) correspond à la prise de la température tous les matins. La courbe ménothermique est susceptible d'orienter vers un problème d'ovulation à type d'anovulation (absence d'ovulation) ou de dysovulation (difficultés à ovuler). Des troubles des règles peuvent éventuellement orienter vers un problème d'ovulation.

La glaire cervicale doit être suffisamment abondante, limpide, adhésive. Elle doit être de nature filante avant l'ovulation, entre le 9e et le 13e jour du cycle le plus souvent.

Le test postcoïtal de Hühner est la recherche de spermatozoïdes dans la glaire du col de l'utérus, 24 heures après un rapport sexuel.

Une hystérosalpingographie est souvent prescrite. Cet examen permet d'analyser l'anatomie de l'appareil génital interne et plus précisément de l'utérus et de détecter les anomalies constitutionnelles ou acquises. L'hystérosalpingographie est susceptible de réveler une sténose (rétrécissement), la présence de polypes, des malformations de la cavité de l'utérus, des anomalies des trompes de Fallope (obturation, hydrosalpynx) ou des anomalies du péritoine, dont les plus fréquentes sont des adhérences.

La cœlioscopie (visualisation de l'intérieur de l'abdomen après pénétration d'un appareil optique) et l'hystéroscopie (visualisation directe de l'intérieur de l'utérus) permettent d'évaluer la qualité de l'endomètre (couche de cellules tapissant l'intérieur de l'utérus).

Traitement

Il dépend de la cause de la stérilité.

Le traitement médicamenteux

Il est indiqué lors des stérilités dues à :
des troubles de l'ovulation
une anomalie de la glaire cervicale
Ce traitement est essentiellement hormonal.


Le traitement chirurgical

Il est indiqué lors des stérilités dues à :
un dysfonctionnement des trompes de Fallope
des synéchies (adhérences)
certaines malformations de l'utérus
un fibrome de l'utérus

D'apres le site vulgaris médical

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