La grossesse gemellaire



Une grossesse gémellaire … Mais pourquoi moi ?!

12 semaines d’aménorrhée… La scène se passe à l’échographie. Votre médecin vous annonce que tout va bien pour… vos bébés ! Le « ah…» que vous poussez alors est, au choix, une exclamation de surprise, de joie ou d’affolement ! Jumeaux, grossesse, famille nombreuse, déménagement, nouvelle voiture… ça se bouscule dans votre tête !





Les facteurs d’une grossesse gémellaire

Mais comment est-ce possible d’abord ? D’après les scientifiques, les facteurs explicatifs sont multiples. Enfin, tout dépend s’il s’agit de vrais ou faux jumeaux. Pour les vrais jumeaux –issus d’un seul œuf divisé en 2 – le mystère reste entier… La proportion de jumeaux monozygotes reste stable : 3 naissances pour 1000 enfants, et ce depuis que le monde est monde, et quels que soient les pays… Malgré tout, il semblerait qu’avoir un enfant très tôt (avant 18 ans) ou très tard (après 40) soit un facteur de risque… ou de chance, à vous de voir !



S’il s’agit de dizygotes, on a plus d’explications. Les « faux jumeaux » sont le résultat de deux œufs fécondés par deux spermatozoïdes. Là aussi, l’âge de la mère compte : à 20 ans, on a naturellement 5,8 chances pour 1000 d’avoir des jumeaux, contre 13 pour 1000 après 35 ans. Comme si Dame Nature mettait les bouchées doubles pour assurer malgré tout la reproduction de l’espèce !



Autre facteur : les stimulations ovariennes et autres procréations médicalement assistées. Quand on stimule par un médicament sa production d’ovules, une femme a forcément plus de probabilité (25% précisément) d’avoir 2 ovules fécondés en même temps ! Et dans le cas d’une fécondation in vitro, on sait que plusieurs œufs fécondés sont réintroduits, avec des jumeaux voire des triplés à la clé ! Néanmoins, la part des naissances triples s’est stabilisée ces dernières années, avec la diminution du nombre d’embryons implantés, ainsi qu’avec la réduction embryonnaire proposée aux parents.



Quant au facteur héréditaire pour les grossesses gémellaire, il existe bel et bien. Mais il se transmet seulement par les femmes, puisqu’il s’agit d’une prédisposition à émettre plusieurs ovules qui pourraient être fécondés en même temps. Donc ça ne vaut que pour les faux jumeaux, si vous avez bien suivi !



Enfin, citons pêle-mêle d’autres raisons : l’ethnie (plus de jumeaux chez les africaines et moins chez les asiatiques), la saison (plus de jumeaux naissent l’été), voire l’alimentation ! D’après une étude américaine, les femmes qui boycottent les produits laitiers auraient moins de jumeaux… En cause, un moindre taux d’IGF, hormone favorisant l’ovulation : Les produits laitiers, pures sensations… et plus d’ovulations !?





Une grossesse gémellaire ! Qu’est-ce qui m’attend ?

Au secours ! Grossesse gémellaire, est-ce que ça veut forcément dire grossesse « à risque » ? Et pour qui, la maman ou les bébés ?



Avant toute chose, sachez que grossesse « spéciale » signifie suivi médical « spécial » ! Vos jumeaux seront bichonnés, avec des échographies plus fréquentes que pour une grossesse classique. Votre gynécologue examinera aussi votre col régulièrement. Le but : évaluer le risque de prématurité. Il est 8 fois plus important en cas de grossesse gémellaire. Enfin, entendons-nous sur les prématurés : des jumeaux naissent « avant terme » si c’est avant 35 semaines d’aménorrhée, contre 39 pour des enfants « uniques ». À noter aussi, il y a un peu plus de risque de faire une fausse-couche dans le cas de jumeaux, notamment pour les monozygotes.



Et Maman, comment vivra-t-elle cette grossesse gémellaire ? Bien sûr, la future mère de jumeaux devra se reposer un peu plus que les autres… Profitez-en, ce ne sera plus le cas après l’accouchement ! D’ailleurs, la maman s’arrêtera en général de travailler 12 semaines avant le terme, voire 14 avec les congés pathologiques. D’ici là, les longs trajets ou les taches pénibles sont déconseillés… tandis que l’aide à la maison est recommandée !



Outre la fatigue, d’autres désagréments sont associés à la grossesse gémellaire : une prise de poids plus importante, plus de risques de rétention d’eau, de varices, de diabète gestationnel, d’anémie… Il faut un solide métabolisme pour attendre deux bébés ! Muriel Descamps souligne d’ailleurs que les grossesses gémellaires spontanées ont souvent lieu chez des femmes grandes et robustes. Encore une ruse de Dame Nature ! Avec la Procréation Médicale Assistée, ce n’est plus toujours le cas…







Enfin, certaines complications sont possibles, ce qui justifie le suivi médical particulier dont vous serez l’objet : 30% de risque de faire une toxémie gravidique ou « prééclampsie », (contre 5% pour une grossesse classique)… et une probabilité multipliée par trois de faire de l’hypertension artérielle. Sans compter les suites de l’accouchement, qui en général donne lieu à une césarienne. Tableau noir ? Non du tout, car avoir des jumeaux ou plus est une expérience unique car deux fois plus d’amour et d’un coup ! 



Sources :

Idées reçues, les jumeaux (Editions Le Cavalier Bleu), Muriel Descamps

Attendre mon enfant aujourd’hui (Le Livre de Poche) Dr Edwige Antier

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