Fausse couches

La perte de l'enfant en cours de grossesse est certainement, avec les malformations éventuelles, la crainte la plus importante des futurs parents. Mais ce sujet reste encore quelque peu tabou pour la plupart des gens, bien qu'il soit de mieux en mieux connu par les médecins. Reste le fait qu'en parler n'est jamais une chose simple : pour les futurs parents, c'est une source d'angoisses et ils ne souhaitent qu'une chose, profiter de leur bonheur. Pour ceux qui ont connu une fausse couche, en parler est difficile et source de douleur. 

Fort heureusement, la médecine fait de gros progrès dans le domaine, et il est maintenant parfois possible (pas toujours hélas), de prévenir ou "traiter" le risque de fausse couche. 

La fausse couche, aussi appelée grossesse interrompue, est un avortement spontané qui a lieu au cours des six premiers mois de la grossesse. Passé ce terme, le foetus est en principe viable et on parle donc d'accouchement prématuré. 

Le risque de fausse couche diminue statistiquement avec le temps: 75% d'entre elles ont lieu au cours du premier trimestre de la grossesse. C'est une des raisons pour lesquelles certains attendent souvent que les trois premiers mois se soient écoulés avant d'annoncer la nouvelle à leur entourage. 

Généralement, l'approche d'une fausse couche est annoncée par des petits signes cliniques, qu'il est très important de savoir reconnaître au plus vite si l'on veut avoir un maximum de chances de pouvoir traiter le problème et éviter, quand cela est possible, la fausse couche. 

Les signes qui annoncent une fausse couche sont :
- les douleurs au ventre: ce sont en réalité des contractions de l'utérus que la future maman ne sait pas encore reconnaître;
- mal aux reins;
- des saignements, qui peuvent parfois être très légers ou plus abondants, mais que l'on ne doit jamais prendre à la légère;
- des contractions et/ou la perte des eaux dans le cas de fausses couches plus tardives.

Quand l'un de ces symptômes apparaît, il faut se rendre au plus vite à l'hôpital ou chez le médecin. Bien sur, il peut s'agir d'une fausse alerte, mais il vaut mieux se déplacer pour rien que de le faire trop tard. Penser "on verra demain matin si ça ne va pas mieux" est courir des risques inutiles et que vous pourriez regretter. Une fausse couche est toujours quelque chose de douloureux, mais c'est encore plus dur à vivre si l'on a un sentiment de culpabilité de ne pas avoir agi à temps. Bien sur, il ne faut pas non plus s'affoler pour rien. Qu'un symptôme apparaisse ne veut pas systématiquement dire que la grossesse est en danger. Par exemple, on sait que des saignements peuvent survenir au cours des trois premiers mois de la grossesse au moment où la femme aurait normalement du avoir ses règles. Mais ici aussi il faut en informer son médecin. Sans s'affoler, il faut bien comprendre qu'il vaut mieux prévenir que guérir. Et de toute façon, attendre pour voir, ne fera que vous rendre inquiets. Outre que d'intervenir si besoin est, vous rendre sans tarder chez le médecin aura aussi l'avantage non négligeable de vous rassurer vous et la maman. 

La première observation qui sera réalisée par le médecin sera de vérifier si le col de l'utérus est ouvert ou non. 

S’il est encore fermé malgré les contractions et les saignements, c'est en général bon signe et la situation n'est pas excessivement grave: un traitement léger comme le repos en position allongée peut suffire. Si les contractions sont dues à la fièvre provoquée par une infection ou une maladie que la future maman connaît à ce moment-là ou qui est en incubation, le repos et la prise d'antispasmodiques qui évitent les contractions, ainsi que le traitement de la cause de la fièvre suffisent en général. Une échographie est généralement effectuée ou prescrite afin de vérifier le développement de l'embryon, et la future maman peut généralement rentrer rapidement chez elle sans être hospitalisée. Elle devra cependant se reposer et rester allongée autant que son médecin le lui aura prescrit si elle ne veut pas que la situation s'aggrave. 

Si le col est ouvert, la situation est plus délicate : on prescrit à la maman le repos (souvent en position allongée absolue) et des antispasmodiques pour que les contractions s'arrêtent, et on suit de près la situation. S’il ne s'agit que d'une alerte, alors la grossesse continue. Bien qu'elle puisse se passer sans aucun problème ultérieur, il se peut aussi qu'elle présente un risque d'accouchement prématuré. Quoi qu'il en soit, elle sera de toute façon considérée comme étant à risque et surveillée de près pour limiter les risques.

Si, par contre, la fausse couche est certaine, on peut être confronté à différents cas de figure selon le stade d'avancement de la grossesse et l'avis du médecin et des parents. On peut bien sur décider de laisser les choses se faire naturellement, sans intervenir. C'est bien sur la solution la plus naturelle, mais peut-être très difficile à vivre pour les parents, en particulier pour la femme. Il y a toujours chez elle l'espoir que l'inévitable n'arrive pas, que le médecin se soit trompé, qui peut la pousser à attendre, mais cette attente est également une torture pour elle. A tout moment, si elle ne se sent plus la force ou si elle ne souhaite plus attendre, elle peut demander au médecin d'intervenir au plus vite. 

Pour ce faire, dans le cas d'une fausse couche précoce, le médecin peut soit, dans les cas les plus précoces, administrer du RU 486 qui va provoquer la fausse couche, soit procéder à une aspiration sous anesthésie générale. Au delà de deux mois et demi de grossesse, il est nécessaire d'effectuer une curetage sous anesthésie générale. Tout est bien sur effectué sous surveillance hospitalière. 

Une fois la fausse couche survenue, il y aura des saignements qui seront plus ou moins importants selon les cas et qui pourront durer plus au moins longtemps. Si cependant ils devaient durer au delà de trois semaines, il est nécessaire de consulter son médecin. 

La femme qui a vécu une fausse couche doit se reposer, et c'est pour ça qu'on lui donnera 8 jours d'arrêt de travail lors d'une fausse couche précoce. Mais au delà de aspects physiologiques, il faut tenir compte de tout ce qui touche à la psychologie et qui est très important. Certaines femmes sont vraiment très gravement affectées par une fausse couche. Et même dans les cas les moins graves,c'est toujours quelque chose de traumatisant pour une femme. Cela peut faire que, même si cliniquement les choses son rentrées dans l'ordre, la femme peut continuer à se sentir fatiguée pendant très longtemps.

Outre le repos, le médecin prescrira à la femme un médicament utérotonique qui servira à faire en sorte que l'utérus retrouve sa taille normale, une pilule contraceptive à prendre pendant 3 mois (bien que cela ne soit pas systématique), ainsi qu'une échographie de contrôle dans le cas où l'expulsion de l'embryon se soit faite par des voies naturelles. Pour éviter tout risque d'incompatibilité Rhésus lors des grossesses suivantes, on recherche le groupe sanguin de l'enfant et on effectue si besoin est une injection d'immunoglobulines à la femme en cas de Rhésus négatif.

Une visite de contrôle doit être effectuée un mois après la fausse couche.

Votre rôle de mari sera ici fondamental. Bien sur, vous serez très certainement vous même profondément touché par ce que vous venez de vivre. Mais vous devez savoir trouver en vous la force de soutenir votre compagne.

Les raisons à l'origine d'une fausse couche peuvent être d'origines diverses et être liées soit à l'embryon, soit à la mère. 

Parmi les causes dépendantes de l'embryon, on pourrait assimiler une part très importante des fausses couches à une sorte de sélection naturelle. La plupart des avortements spontanés sont dus à des accidents chromosomiques qui ont eu lieu au moment de la fécondation et qui font que l'embryon cesse de se développer plus ou moins rapidement. Parfois même, ces accidents stoppent la grossesse si tôt que la femme ne se rend pas compte qu'elle a été fécondée. Bien que parfois cela soit du à des causes qui font que le problème peut être susceptible de se reproduire (dans le cas de fausses couches à répétition , le caryotype de l'embryon est alors réalisé pour savoir ce qu'il en est), la plupart du temps ce n'est qu'un accident du au hasard. Vous n'aurez donc pas d'inquiétude à avoir quant à la possibilité d'avoir d'autres enfants par après. Parfois, la fausse couche est due à une grossesse multiple qui s'interrompt. Dans ce cas, la fausse couche peut concerner un seul, plusieurs, ou tous les embryons. Enfin, il peut s'agir de ce que l'on appelle un "oeuf clair", qui est un sac dans lequel il n'y a pas d'embryon. Cela est également du à un accident au cours de la fécondation, est assez fréquent, et n'a aucune incidence sur les grossesses futures.

Les causes liées à la mère sont plus nombreuses et diversifiées. Elles vont des anomalies utérines au fait que le col ne soit pas correctement fermé, de problèmes liés à des infections (parfois même une simple grippe) aux effets secondaires de certains médicaments (et cela peut même, dans le cas du Distilbène, ëtre du à des médicaments pris par la mère de la femme enceinte), de l'âge de la femme enceinte à des problèmes liés à des facteurs immunologiques. La consommation de tabac, d'alcool ou de drogues ou une mauvaise alimentation sont autant de causes possibles d'une fausse couche, sans oublier bien sur un mode de vie stressant ou fatiguant de la femme, ainsi que des causes psychologiques qui peuvent être plus ou moins bien définies et identifiables.

 

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